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 (alicja) les vents contraires

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logement : upper east side, at daddy's expense.
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MessageSujet: (alicja) les vents contraires   Ven 21 Avr - 21:41



il y a le temps des grands soirs,
et le temps des blessures


Le premier coup de la soirée t'atteint en plein visage. Légèrement sonné, tu chancelles jusqu'à ce que ton dos heurte le grillage vous entourant, ton adversaire et toi. Ton cœur tambourine dans ta poitrine, on le dirait prêt à s'en échapper. Tu as mal, aux bras, aux mains, au crâne, et puis surtout à l'ego. Les cris alentours te vrillent les oreilles, mais ils te motivent. Te reboostent. Tu esquives pile au moment où un large poing manque de s'abattre pour la seconde fois sur ton visage, et sans doute de te casser le nez au passage. Au lieu de cela, il trouve la cage, produisant un son métallique des plus irritant. Tu assènes le prochain coup, ainsi que les deux suivants, avant de sentir l'une de tes côtes, si pas plusieurs, se fêler. Tu reconnais la sensation, pour avoir eu droit à plusieurs reprises à ce genre de souffrance depuis ton arrivée à New York. Tu dois être un peu masochiste sur les bords pour continuer à t'infliger cela, plusieurs soirs par semaine, parfois tous les soirs si tu n'es pas trop amoché. N'est-ce pas en pratiquant que l'on s'améliore ? Tu as indéniablement fait des progrès, par rapport à ton premier combat lors duquel tu as peut-être donné deux coups de poing, avant de tomber littéralement KO. Ce n'est pas tant que tu aimes souffrir, là tu aurais un problème, mais tu adores te prouver ta capacité à encaisser. Ainsi que te prouver que tu peux vaincre. Le prouver aux autres passe après, c'est probablement la meilleure chose que t'ait enseignée ta mère: te plaire d'abord à toi-même. Tu décides de te jeter, à la fois violemment et agilement, sur l'autre homme afin que les choses se terminent rapidement. Vous êtes déjà là-dedans depuis un moment, et si tu l'as bien amoché, il ne semble pas décidé à abandonner. Quant à toi, tes côtes te font souffrir, ainsi que ta pommette sans doute enflée et bleuie. Vous roulez tous deux au sol, dans une sorte d'étreinte dans laquelle les spectateurs ne doivent pas distinguer grand chose. Du moins pas avant que tu ne prennes le dessus, d'un coup de coude dans la mâchoire suivi d'une clé de bras et d'une prise d'étranglement -tu as appris certaines choses ces derniers mois. Abandon. Relâchant sans tarder ton adversaire qui se tient la gorge, tu te redresses en grimaçant et t'extirpes de la cage afin de récupérer ton dû. Ton regard se pose immédiatement sur une silhouette connue, légèrement en retrait.« Alicja. » Tes lèvres s'étirent lentement d'un sourire que tu sais d'ores et déjà qu'elle n'appréciera pas alors que tu approches à ton rythme de blessé. « Comme tu as pu le voir, j'ai un peu ramassé, je te serais donc reconnaissant d'être gentille avec moi », fais-tu, étouffant un léger rire lorsqu'il secoue douloureusement tes côtes meurtries. Tu n'as pas encore vu ton reflet dans un miroir, mais tu doutes de rendre aussi bien que d'ordinaire entre ta pommette, ton arcade ouverte, et la grimace quasi-permanente forcée par tes os fêlés.

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MessageSujet: Re: (alicja) les vents contraires   Sam 22 Avr - 12:16

Il y a des mugissements à la limite de l’humain et des bières en l’air. Il y a des rires gras et quelques regards lubriques. Mais, surtout, il y a des hommes. Alicja se glisse au milieu de tant de testostérone en ignorant les sifflements ou les coups de coude. Elle n’a pas envie de passer inaperçue, mais elle ne souhaite pas non plus être la cible des regards. Elle vient voir le combat. De façon imprévue. Un besoin d’arrêter de penser à son enquête en cours. Elle rejoint bien vite les rangs du devant, se trouve un coin dans l’ombre. Elle arrache une bière des mains d’un géant aux épaules larges juste à côté d’elle et boit au goulot. Elle ignore les protestations de l’homme et rive son regard de glace sur le combat. Elle esquisse à peine une grimace en voyant le crochet du droit venir rencontrer la mâchoire de l’un des deux adversaires, n’a pas ce geste de recul devant la violence du match. Elle note l’arcade sourcilière en sang et la lèvre gonflée. Elle pince les lèvres, ne dit rien. Pas d’encouragement, pas de sifflements honteux. Elle observe juste, simplement, droite et la bière d’un autre dans la main. Comme à chaque fois qu’elle se fait spectatrice des combats illégaux. Elle détonne dans la foule, avec son petit gabarit, sa ridicule taille d’adolescente et sa silhouette menue. Elle détonne par son attitude impénétrable et son silence obstiné. Il y a abandon de l’adversaire et, malgré elle, un sourire étire ses lèvres. Ce n’est qu’Alicja ait parié le moindre dollar sur la réussite du gamin, mais elle ressent toujours cette petite pointe de fierté quand il sort vainqueur du ring. Une émotion qu’elle ne s’explique pas. Elle ne l’apprécie même pas, ce gosse. Celui-ci sort de la cage et elle lève les yeux au ciel en notant son sourire. « Efface-moi ce sourire, Don Juan. T’as bien failli perdre, t’as pas de quoi être fier. » Discours menteur, discours contradictoire avec sa propre fierté. Mais elle n’a aucunement l’intention de le féliciter à voix haute. Elle arque un sourire et se pare d’un air adorable. « Comme si j’avais déjà été autre chose que gentille avec toi. » Elle fait mine d’être blessée avant de désigner, d’un signe de tête, un banc dans un coin abandonné. Pas de spectateurs, pas d’admirateur, pas de rien. Elle ne supporte pas être dérangée, ne supporte pas que les gens viennent les interrompre. « Assis. » C’est qu’elle économise ses mots. Qu’elle n’a pas l’intention de changer ses habitudes. Elle s’approche de lui et observe son arcade ouverte. D’une main, elle lui attrape le menton, plus délicatement qu’elle ne l’aurait voulu et lui tourne la tête. Œil au beurre noir, pommette littéralement éclatée, lèvre fendue. Et ce ne sont que les dégâts faciaux qu’elle arrive à distinguer. Elle lui relâche le visage, sort une clope de sa poche et la tend à Dallon. Qu’il fume pour qu’il évite les questions. Ça lui fera du bien. Elle s’éloigne ensuite pour aller vers la petite armoire où se trouve le nécessaire de soin. Ils ne font pas les choses à moitié. Elle en sort la pochette et demande à un gros bras de lui rapport une bouteille d’alcool fort. Alicja retourne ensuite auprès de Dallon et lui nettoie la plaie à l’arcade. D’abord nettoyer, ensuite recoudre. « C’est ton seul match ce soir ? » Qu’elle sache si elle lui refait une petite beauté ou si elle peut le laisser à moitié amoché. Elle n’a pas l’intention de se casser le cul pour que les points sautent sous un nouveau coup trop bien placé.

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MessageSujet: Re: (alicja) les vents contraires   Dim 23 Avr - 16:09

L'atmosphère te porte, et si tu n'en mènes pas large quelques minutes durant, tu finis par prendre le dessus. Le reprendre. Cela a suffit pour que tu sois blessé, et que l'on te pense vaincu, mais tu remontes, et comme toujours te bats jusqu'au bout. Tu n'es pas de ceux qui abandonnent, ta fierté se trouve être bien trop grande. Tu préférerais finir à l’hôpital, en morceaux, que d'abandonner. Sans doute cela te perdra-t-il un jour, mais tu n'es pas inquiet, tu as plus à gagner qu'à perdre. Tu uses donc de tes dernières forces pour renverser le score, laissant le suspens planer jusqu'au bout. Tu es assez fier de ton coup, mais bien moins de l'état dans lequel tu ressors. Les cris commencent doucement à te monter à la tête plutôt que de te faire plaisir, comme à chaque fois. Une chance que les combats ne soient pas particulièrement déclencheurs de tes crises. La concentration aide probablement à te canaliser, ça et la cigarette que tu fumes avant et après chaque combat, sans oublier un traitement strict, seule obligation à laquelle tu te plies. Ton épilepsie a toujours été une véritable plaie, et si tout New York est déjà au courant grâce à la presse qui a pris un malin plaisir à relater l'incident lors d'un gala, tu fais de ton mieux pour éviter tout débordement. Une chute et des convulsions il y a quelques mois, sous les yeux d'une foule de riches inquiets, a défrayé la chronique. Étais-tu drogué, malade, cinglé, possédé ? Tu as lu un peu de tout à ce sujet, avant de te décider à poster la véritable raison sur ton compte twitter, de quoi alimenter de nouveaux articles. Quoi qu'il en soit, tu ne t'es plus ouvert sur le sujet depuis que la vérité a été rétablie, et l'envie de le faire ne se fait pas ressentir. « Mais j'ai gagné, voilà la preuve », lâches-tu, secouant tes billets devant Alicja avant de les fourrer dans ta poche. A vrai dire, tu es d'accord avec elle, la fierté n'est pas forcément de mise, mais tu ne manquerais pas une occasion de taper sur les nerfs de la femme. Ton sourire laisse cependant régulièrement place à une grimace de douleur, et tu serres les poings dans une tentative de te concentrer sur autre chose. « Quel ingrat je fais, toi qui n'as jamais cessé de m'offrir sourires et mots gentils », te rétractes-tu faussement face à son air blessé, ton visage se fendant finalement d'un autre sourire. Tu suis son regard, puis ses pas, prenant place sur le banc désigné malgré ma façon dont s'est proposé. Ordonné ? Un rictus ne quitte pas tes lèvres abîmées. « Je le fais uniquement parce que j'en ai envie, bien sûr, mais merci pour la suggestion. » Tu t'es fait aux manières d'Alicja, elle t'amuse et t'intrigue. Tu ne t'es jamais offusqué de ses mots ou de ses gestes, seule raison pour laquelle tu la colles toujours. Car c'est bien ce que tu fais, elle n'a jamais demandé à ce que le grand enfant que tu aimes être la questionne et l'étouffe. Au fond d'elle, pourtant, tu as la conviction qu'elle t'apprécie -autrement, tu te serais déjà pris deux baffes, ou un coup de tête. Autrement, elle n'entreprendrais pas soigner tes égratignures. Tu as l'intelligence de ne pas le faire remarquer de suite, histoire qu'elle finisse tout de même de te réparer plutôt que de se braquer. « Merci », tu souffles, te saisissant de la clope et trouvant un briquet à tâtons, ton regard la suivant jusqu'à l'armoire à pharmacie. Tu expires la fumée dans la direction opposée à son visage penché sur toi et tes blessures. Tu prends sur toi afin de ne pas te faire traiter de mauviette. « A toi de me le dire, docteur, je vais m'en sortir ou aucune chance que je me batte à nouveau un jour ? » Tu plonges ton regard dans le sien, reprenant rapidement pour répondre à sa véritable question. « Non, je vais rester sur une victoire et profiter de ta présence, c'était mon dernier pour ce soir. » Tu lui tends la cigarette.

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MessageSujet: Re: (alicja) les vents contraires   Dim 30 Avr - 10:46

L’ironie est de mise. Elle est la première à en user, la première à manier les mots de façon à se montrer cinglante, en toute circonstance, mais Dallon maîtrise le sujet. Il exhibe les billets et elle secoue la tête. Le soupire est inaudible mais le souffle est bien là, à travers ses lèvres. « T’as déjà entendu parler de combats truqués ? L’adversaire qui prend de l’argent pour perdre… » Alicja se doute bien que ce n’est pas le cas dans ces combats clandestins. Mais le dernier mot, elle aime beaucoup l’avoir. Et elle apprécie encore plus avoir cette occasion de pouvoir rabattre le clapet des autres. Alors, forcément, quand elle peut faire d’une pierre, deux coups, elle ne va pas se gêner. Elle ne répond pas toujours. C’est le cas pour la remarque de Dallon ; elle sait bien qu’elle n’est pas agréable. Pas la plus agréable. Ses sourires, elle a cessé de les offrir à n’importe qui. Trop souvent, les siens sont devenus des larmes. Alors elle les garde pour elle, ça évite une nouvelle déception, une nouvelle douleur. Elle ne s’offusque pas non plus de la nouvelle ironie dont il use après qu’elle lui ait demandé – un peu sèchement – de s’assoir. Elle sent le sourire dans sa voix ; elle pince les lèvres. En toute circonstance, en toute situation. Elle pourrait lui faire vivre le pire qu’elle a le sentiment qu’il garderait ce petit sourire et son air malin. Alors, autant ignorer. C’est comme ça qu’ils fonctionnent, Dallon et elle. Il questionne, il sourit, elle ignore. C’est ce qu’elle fait de mieux, il lui semble. Quand elle revient auprès de lui, avec sa trousse de soin, prête à se prétendre chirurgienne, elle lève les yeux. Si ça ne tenait qu’à elle, il ne cesserait jamais de se battre. Encore une chose qu’elle taira sans doute toute sa vie ; elle n’est prête à admettre qu’elle apprécie de le voir se défoncer sur le ring, pas plus qu’elle n’est prête à admirer être fascinée par cette chorégraphie étrange. C’est quelque chose d’entraînant et d’artistique à la fois, qui lui donne un sentiment qu’elle n’est pas en mesure de définir. Mettre des mots sur ses émotions a toujours été difficile, pour elle. « Tu t’en sors bien pour cette fois, tu peux continuer de jouer de tes griffes de chat. » Il n’y a pas l’ombre d’un sourire sur ses lèvres et, pourtant, son ton s’est fait un peu léger. Moqueur, peut-être. Elle attrape la clope qu’elle coince entre ses lèvres tout en imbibant un coton d’alcool qu’elle applique aussitôt sur la blessure ouverte à l’arcade. Une fois celle-ci nettoyée, Alicja délaisse la bouteille d’alcool pour récupérer fil et aiguille. Elle n’a jamais su coudre. Elle inspire une taffe qu’elle souffle lentement et elle entreprend de recoudre le jeune homme. Toujours aucune expression. Pourtant, à l’intérieur, elle grimace. Regarder Urgences ne signifie pas qu’elle est prête à imiter les talents du Docteur Kovac dans la vraie vie. Peut-être qu’elle devrait suivre des cours de médecine, ça pourrait servir. Elle lui rend la cigarette pour mieux se concentrer sur sa tâche. C’est loin d’être aisé. C’est qu’elle n’a pas envie de lui crever un œil – il a trop une gueule de bébé pour ça. Quand elle termine, elle esquisse un petit sourire satisfait. Elle ne s’en est pas si mal sorti, finalement. Elle repose son matériel à côté, demande de la glace à la première personne qui passe. Pour l’hématome. Elle plonge ses mains dans la trousse et en tire des strips. Elle tourne la tête de Dallon une nouvelle fois pour observer l’ouverture de la pommette. Alicja pince les lèvres et, au terme de longues secondes, applique une première bande, puis une deuxième. « Evite de trop sourire, tu risquerais de les faire partir. » Elle lui accorde un regard en biais, quasiment certaine qu’il n’écoutera pas son conseil. Qu’il ne fera même pas semblant de vouloir l’écouter. Ce gosse la fatigue. La glace lui revient, retenue par des torchons. Sans douceur, elle l’applique sur la lèvre pour la désenfler avant de faire signe à Dallon de la récupérer pour la maintenir contre son œil enflé. Pour qu’elle puisse s’occuper de sa lèvre. Elle lui fait subir le même sort qu’à la pommette. Quatre strips et le jour est joué. Elle s’éloigne d’un pas, désigne un petit miroir à Dallon au cas où il voudrait s’assurer que sa belle gueule n’est pas plus amochée qu’il n’en faudrait. Elle lui accorde une minute, peut-être une deuxième avant de se manifester à nouveau. « Retire ton t-shirt. » Un mouvement du poignet accompagne sa demande. Elle doit examiner ses côtes.

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MessageSujet: Re: (alicja) les vents contraires   Mer 17 Mai - 17:30

En toute honnêteté, tu apprécies vraiment Alicja, et elle le sait pertinemment. Tu sais aussi qu'elle n'en a pas autant assez de toi qu'elle ne veut bien le faire croire, vous n'êtes simplement pas du genre à vous répandre en compliments et bons sentiments. Elle, encore moins que toi. Tu as le sentiment qu'elle n'ose plus le faire, et que l'unique effet de tes interrogations est de lui rappeler pourquoi. Mais tu l'aimes bien, et c'est bien pour ça que tu prends la peine d'insister, sans jamais t'offenser, trouvant toujours une parade, acceptant même parfois de ne rien dire. « Tu me brises le cœur, Zeleski, moi qui pensais faire ta fierté. » Tu ne fais mine d'être blessé que quelques secondes seulement, incapable de conserver un quelconque sérieux - vous êtes bel et bien deux opposés, les pôles qui se complètent et se rejettent. Tu t'assieds, comme demandé, trouvant le moyen de redire quelque chose même là-dessus, et tu te laisses examiner. Elle a le sérieux d'un vrai médecin, mais pour ce qui est de ses talents tu ne peux être sûr de rien. Pour la douceur non plus, mais tu ne la connais pas sadique, elle devrait faire de son mieux pour ne pas trop te torturer. Et puis, tu es bien trop fier que pour l'admettre si elle te faisait mal. Tu sors d'un ring, pleurnicher en te faisant soigner aurait quelque chose de plutôt ironique, et pas dans le sens dont tu aimes en user. Tu relèves les yeux lorsqu'elle fait son grand retour, trousse de soins sous le bras, faisant mine de ne pas t'en faire pour ce qui va suivre. « Tu me rassures, j'ai cru un instant que tes talents ne suffiraient pas à me sauver. » Tu poses ta main sur ton cœur en signe de soulagement pour appuyer tes propos. L'exagération, ta marque de fabrique, tu fais rarement sans. Tu fumes un moment, te concentrant là-dessus plutôt que sur ce qu'Alicja s’apprête à faire, puis tu lui passes la clope comme pour t'assurer qu'elle ne va ni trembler ni paniquer en te recousant. A peine commence-t-elle à désinfecter la plaie que tu t'agrippes au bord du banc, serrant les mâchoires et tentant de masquer la douleur. Tu demeures tout à fait immobile, concentré sur le nouveau combat en cours pour éviter de regarder ce qu'elle fait. A vrai dire, c'est plus ton imagination que la douleur physique qui te pèse. C'est cependant un soulagement de récupérer la cigarette et, toujours, tu ne jettes pas un regard à ton infirmière. Tu t'es décrispé, tes mains ont cessé d'agripper le siège et tu expires régulièrement un léger nuage de fumée. Tu te rends bientôt compte que c'est terminé, ne peux t’empêcher de froncer les sourcils comme pour tester tes points de suture, et tu grimaces au verdict: c'est douloureux. Tu reportes enfin ton attention sur ta sauveuse, te laissant faire sans rien dire. Du moins, jusqu'à ce que sa remarque ne te force à répliquer. « Comment ne pas sourire en ta présence, Licha ? » Tu lui sers un sourire en coin, du côté indemne de ton visage - un minimum de provocation seulement. Tu hoches la tête à l'intention de celui qui apporte de la glace, remerciement, et suis les gestes du regard. Tu t'empares du torchon et t'occupes de ton œil enflé, la laissant s'afférer autour de toi jusqu'à ce qu'elle ne te désigne un miroir. Nouveau sourire, incontrôlable, tandis que tu décolles la glace de ton visage et l'inspectes une minute. Tu es amoché, tout en ayant vu pire. « T'as fait du beau boulot, je dois le reconnaître. Je pourrais presque t'embrasser, mais bon j'ai un peu mal à la lèvre. » Tu lui décoches un clin d'oeil, conscient que cela n'aura pas le moindre effet sur elle. « Doucement, je savais que tu craquerais face à mon charme mais on est quand même en public... », ricanes-tu tout en obtempérant lentement histoire de ne pas te tordre de douleur. Pas de geste brusque, tu fais doucement glisser ton t-shirt sur ta peau jusqu'à le faire passer par-dessus ta tête.

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Dernière édition par Dallon Huxley le Mer 21 Juin - 17:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (alicja) les vents contraires   Lun 5 Juin - 17:57

Il la fatigue – car elle s’interdit de penser qu’il puisse l’amuser. Et si l’envie d’esquisser l’ombre d’un sourire est présente, ce n’est pas pur hasard. Alors elle lève les yeux au ciel, en poussant un soupir ennuyé et exaspéré qu’elle ne ressent pourtant qu’à moitié. Elle laisse un silence s’installer avant de finalement répondre. « Il en faut beaucoup plus pour me rendre fière, tu apprendras. » Des attentes trop hautes, peut-être. Mais elle préfère que les choses soient ainsi. Être fière, c’est s’être attachée, ne serait-ce qu’un peu. Et s’attacher, c’est prendre le risque d’être blessée, à nouveau. Une chose qu’elle refuse catégoriquement – elle ne se fera plus avoir. Son cœur meurtri et saigné, elle s’est fait la promesse de le protéger d’une nouvelle déception. Plus de larmes après Lucas, sa dernière fierté en date. Le visage du môme lui saute aux yeux l’espace d’une seconde et elle clôt les paupières pour se reprendre. Ce n’est pas le moment d’être hanté par ce gamin. S’éloigner pour revenir avec le matériel lui permet de se reprendre. Vite. De retrouver l’impassibilité de ses traits, la neutralité de son visage. Dallon lui, en revanche, conserve son sourire et ses paroles affutées. « Ce ne sera peut-être pas toujours le cas. » La main en l’air, alors qu’elle s’apprête à débuter les soins, elle vrille son regard de glace dans les yeux du jeune homme. Lui faire prendre conscience de la réalité un peu brutalement, peut-être. Elle ne sera pas toujours là pour jouer les infirmières – et ses talents en médecine ne seront pas toujours suffisants. Un jour, il encaissera le coup de trop. Celui qui déclenchera une hémorragie interne, une rupture d’anévrisme ou que savait-elle encore. Elle mise pourtant sur la bonne étoile de Huxley. L’amusement dans le ton de la voix du plus jeune ne l’atteint pas. Elle se met au travail. Consciencieuse. Silencieuse. Elle le sent se tendre sous ses mains et, tout de même alarmée, elle lui jette un regard en biais. Il ne la regarde pas, tout concentré sur le nouveau match qu’il est. Alors elle reprend. S’arrêtant quand elle le sent tendu à l’extrême, souffle pour ne pas faire une connerie. Qu’elle déteste ça, jouer les infirmières. Et pourtant, la voilà, une nouvelle fois. Enfin, elle termine, s’écarte d’un pas. Elle a de quoi être fière – ce n’est pas trop mal. Elle n’est pas encore une artiste dans le domaine, mais pour une débutante, elle aurait pu faire pire. Elle se fige soudain et son visage perd de ses couleurs. Ce n’est pas tant par la réplique de Dallon que par le surnom qu’il a employé à son intention. Licha. Ça fait bien longtemps qu’elle s’est efforcée de ne plus l’être. Elle s’est habituée aux Ali, aux Lili, aux Al. Licha. Bien qu’il soit son préféré, il est aussi le plus douloureux. Il lui rappelle Edward, les mensonges et la trahison. Licha. Il roule comme une promesse tue, il blesse comme une lame aiguisée. Elle tourne le visage. Sa lèvre tremble déjà, victime du passé. « Si tu te forces un peu, tu y arriveras. » La voix a perdu de sa force, elle s’est faite enrouée, brisée. Elle se l’éclaircit et elle retrouve contenance. Retourne l’observer, droit dans les yeux. C’est à son tour d’esquisser un petit sourire avant de se pencher vers lui. « Quel dommage. Et moi qui espérais pouvoir récompenser notre grand champion comme il se doit… » Et s’il y a eu l’ombre d’une tendresse ou d’un flirt dans sa voix, son visage n’en laisse déjà plus rien paraître. Elle est de nouveau l’infirmière. « J’ignorais que le public pouvait te déranger, » glisse-t-elle en penchant la tête légèrement sur le côté. Là, oui, elle est déçue. Il obéit tout de même et elle l’aide à ôter son t-shirt. La patience n’est pas sa plus grande amie. Sans brusquerie, ni douceur, elle le laisse tomber sur la place libre du banc et examine le torse du blessé. Des hématomes contre lesquels elle ne peut pas grand-chose. Elle lève une main qu’elle dépose contre les côtes de Dallon. « T’as mal aux côtes quand j’appuie ? » Elle n’est même pas certaine de savoir reconnaître une côte fêlée d’une côte brisée, mais Dallon n’a pas besoin de le savoir.

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MessageSujet: Re: (alicja) les vents contraires   Mer 21 Juin - 18:54

Inépuisable, il n'est pas dans ton intention de laisser Alicja respirer. Tu sais pertinemment que tu l'exaspères, bien que persuadé qu'elle en rajoute, peut-être même beaucoup. Elle a cette barrière, ces douves dans lesquelles elle espère sans doute voir se noyer les tentatives de se rapprocher d'elle. Mais, toi, tu tiens à atteindre le château, et tu as appris à nager malgré tous les efforts fournis par la jeune femme afin de t'en empêcher. Pire qu'un gosse, tu veux toujours ce que tu ne peux avoir, et fais inévitablement ce que l'on te défend formellement. « Mais, surtout, j'y arriverais. J'aime les défis. » Et quelque chose te dit que cela en vaut la peine, même si elle ne sera pas ravie. Tu n'as jamais reculé lorsque l'enjeu en valait la peine, et tu as beau tout tourner à la plaisanterie tu n'as que peu de buts plus sérieux que celui-ci. Il y a quelque chose de plus que mystérieux, de perturbant, chez elle. Une sorte de souffrance perpétuelle que tu ne t'expliques pas, et que tu aimerais comprendre, parce que c'est dans ta nature. Pas seulement la curiosité, mais aussi le fait de te sentir concerné. Tu as beau le cacher par tous les moyens possibles, tu restes quelqu'un d'empathique, et doux même si le décor actuel tend à démontrer le contraire. « Ne dramatises pas, Alicja. J'ai gagné ce combat, je suis toujours en un seul morceau, et si tu m'offrais ne serais-ce qu'une minuscule sourire ma soirée serait parfaite. » Tu n'es pas parvenu à demeurer sérieux jusqu'au bout. Ou, plutôt, tu ne l'as pas voulu. Tu ne glisses pas sur cette pente, tu as vu assez de moments sombres. Et puis à quoi sers-tu si tu ne contrebalances pas constamment son pessimisme par ta positivité. Evidemment, tu y as songé, à toutes ces blessures fatales, au combat final, celui de trop. Mais tu ne te prends pas la tête, jamais, c'est du moins ce que ta réputation laisse entendre et, à ce sujet, tu préfères lui être fidèle. Etre recousu, réparé, porter des hématomes des jours durant et des cicatrices plus ou moins profondes, cela te fait te sentir vivant. C'est ridicule à dire, mais tu te réveilles chaque matin avec de nouvelles marques, et des galaxies douloureuses qui s'estompent petit à petit, et c'est presque gratifiant. Tu n'as jamais prétendu être très malin, tout ce que tu fais n'a pas forcément de sens, ou n'en a pas l'air. Tu reportes finalement ton attention sur ton infirmière improvisée, et sens directement que tu as dis une connerie. Exactement ce qu'il ne fallait pas, et sans même le savoir. A-t-elle tiqué au surnom ? Tu ne vois pas d'autre explication. Et, pendant une longue seconde, tu demeures figé, à contempler Alicja comme si elle allait soudainement s'évanouir ou te sauter à la gorge, l'un ou l'autre, et tu te surprends à penser que le second serait préférable. Ce serait plus elle. Tu ne dis rien, pour une fois. Par de remarque se voulant maligne, juste le silence, attendant qu'elle le comble, presque aussi perturbé qu'elle, à moins d'être toujours sonné par ton combat. Aurais-tu imaginé ce que tu viens de percevoir en elle ? Le silence, elle le tranche, mais il est trop tard et vous devez tous deux vous remettre d'émotions que tu ne comprends pas. Ne comprendras sans doute jamais. « Je suppose que, pour toi, je peux faire une effort, si tu te laisses emporter tu n'auras qu'à me recoudre à nouveau. » Tu dégaines un sourire que tu sais d'avance être exaspérant. « Je ne sais pas ce que tu as bien pu entendre ou imaginer à mon sujet, mais je suis quelqu'un de pudique », fais-tu presque plaintivement tout en ôtant ton haut sans hésitation, parfait paradoxe. Alicja t'y aide, encourageant tes bêtises probablement sans le vouloir. « Hey, minute papillon, pas la peine de m'arracher mes vêtements. » Tu la laisses t'examiner, spectre d'un sourire aux lèvres mais contenant comme tu le peux une vague de blagues douteuses qui te viennent à l'esprit alors qu'elle examine tes côtes douloureuses. Tu te tends légèrement lorsqu'elle appuie, lui offrant ainsi sa réponse que tu prends tout de même la peine de reformuler. « Affirmatif. Tu crois que c'est cassé ? » Il faut dire qu'il y est allé fort, ton adversaire.

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MessageSujet: Re: (alicja) les vents contraires   Dim 9 Juil - 10:44

Dallon semble ne pas savoir s’arrêter. Ni de sourire, ni de questionner, ni rien. Parfois, Alicja a l’impression d’être en face d’un gosse – ce qu’il est, en réalité – et qu’un petit coup de psychologie inversé conseillé par les magazines féminins qui juchent la table basse de la salle d’attente du médecin pourrait fonctionner sur lui avec la même intensité que sur un enfant de deux ans. Elle n’en fait rien, toutefois. Sans doute parce qu’elle se sait guère mieux. Sa tendance à se tourner vers la criminalité en est une preuve. Elle arrête son geste un instant pour lui lancer un regard. Elle a conscience qu’il en est capable. De tout faire jusqu’à obtenir cette infime pointe de fierté. Tout comme elle sait qu’elle pourrait en éprouver, si elle baissait sa garde, ne serait-ce qu’un instant. « Ne te surestime pas trop. » C’est tout ce qu’elle parvient à répliquer. Pas de paroles encourageantes, pas de sourire. Mais, quelque part, sans doute est-il préférable qu’il s’acharne à la rendre fière plutôt qu’à essayer de percer sa carapace pour lui donner l’illusion du bonheur. Appliquée sur les soins qu’elle prodigue, Alicja ne relève pas les yeux quand il est question d’un sourire offert. Elle n’a l’intention d’en esquisser un. Il devra se contenter de son air impassible. « La perfection n’existe pas, on ne te l’a encore jamais dit ? » Il est plus sage de se laisser aux sarcasmes plutôt que de se laisser entraîner dans autre chose. De toute manière, l’agent fédéral se doute bien que le jeune homme ne s’attend pas à obtenir réellement un sourire. Elle termine de recoudre l’arcade, s’attaque au reste quand il y a l’utilisation d’un surnom interdit. L’espace d’un instant, une infinité de secondes qu’il lui semble, elle ne bronche plus. Incapable du moindre geste, incapable de contrôler ses émotions qui tourbillonnent trop violemment. Elle se perd. Se noie. Puis se reprend, lentement. Mais la douleur est déjà là, vive. Au cœur de son âme qu’elle poignarde. Elle s’attend à ce que Dallon insiste, pose une question. Mais, étonnement, il n’en fait rien. Elle relève le regard vers lui. Le merci, elle ne le prononcera pas. « Je vais finir par croire que tu aimes te faire recoudre. » Aussi grossièrement, s’entend. Peut-être que si elle était infirmière, elle s’en ficherait. Elle lève un sourcil dubitatif mais s’abstient de tout commentaire. Dallon et pudique ne peuvent pas figurer dans la même phrase, pour elle. « Sois un peu plus rapide, la prochaine fois. » Une étincelle amusée trahit son regard et Alicja se baisse pour examiner le torse. Ses mains appuient sur les côtes. Il se crispe presque aussitôt. Elle, elle ne retient pas la grimace. « Possible, » glisse-t-elle avant d’appuyer un peu plus pour essayer de distinguer un détail, n’importe lequel, qui lui assurerait du diagnostic. Elle finit par acquiescer. « Oui, tu en as au moins une de casser et une autre salement amochée mais il est possible qu’elle ne soit que fêlée. » Elle récupère le pain de glace qui servait pour les hématomes du visage pour l’appliquer doucement sur les côtes. Elle regrette de ne pas avoir suivi le moindre cours de médecine. « Va falloir que tu appliques de la glace régulièrement sur tes côtes jusqu’à ce qu’elles guérissent. Au moins dix minutes. Et quand je dis régulièrement c’est environ toutes les heures. » Elle ne plaisante pas, Alicja. Parce qu’elle n’est peut-être pas médecin mais la sécurité des civils, elle y tient quand même. « Bien sûr, ça signifie aussi, pas de combat pendant tout le temps de guérison. Ou d’entraînement ou tout ce qui implique que tu bouges le torse. Et si jamais tu as trop mal, vas voir ton médecin pour une IRM. » Elle a quelques bribes de souvenir de conversations surprises à l’hôpital, quand elle s’y rend pour un suspect, ou un témoin. Rien de plus. Elle se relève finalement, récupère la clope avant de se laisser tomber à côté de lui, sur le banc. Ses yeux survolent le nouveau combat qu’elle observe sans un mot. Elle devrait faire fermer le lieu. Sortir son badge – qu’elle a laissé chez elle, pour plus de sûreté – et disperser les combattants. En arrêter quelques-uns. Faire un rapport. Elle n’en fera rien.

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