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 I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare

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MessageSujet: I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare   Mer 17 Aoû - 18:41

Gamin, Jamie passait ses nuits à se rêver pilote d'avion, capitaine d'un vaisseau rebelle ou astronaute, s'imaginait vivre mille et une aventures en compagnie d'amis au visage flou, rarement précis. Il était loin de se douter qu'il finirait coincé derrière un bureau les trois quarts du temps, lorsqu'il ne ruinait pas les efforts d'une patrouille de flics en uniforme, engoncé dans un costume plus cher que la paie des flics en question. Ce n'était guère un rêve de gamin, pas non plus ce qu'il avait envisagé en quittant l'armée pour le Bureau. En tombant amoureux de son ex, il s'était figuré qu'ils finiraient leurs vies ensemble, conviction renforcée par la naissance de leur fille et – yeah. Il s'est trompé sur toute la ligne.

Le souffle court et les joues encore rouges, il fixe le plafond en se demandant si pareil échec est sensé rendre aussi heureux. Peut-être qu'heureux n'est pas le mot exact et, of course, sa situation est loin d'être idyllique mais, merde, il est heureux. Gillian est chez sa mère, sa soeur jumelle est sortie et, a priori, ne rentrera pas de la nuit et Clare est là. Il pourrait compter sur ses mains le nombre de fois où ils ont profité d'une telle chance, vraiment. Il a beau s'être installé seul dans ce grand appartement de SoHo, il semble y avoir toujours quelqu'un pour bousculer sa solitude. Ou, en l'occurrence, ses projets concernant Clare James. Rien sur le long terme, évidemment, parce qu'ils n'ont pas d'avenir tous les deux mais il est toujours plus agréable de quitter son bureau en sachant qu'elle a accepté de le retrouver chez lui, plutôt que de devoir attendre d'être chez lui pour savoir si elle est disponible pour le rejoindre. Alors, oui, ce soir, il est heureux et il se sent peut-être toujours aussi stupidement satisfait lorsqu'il la touche, mais il a l'impression que cette nuit est plus propice à la célébration.

Il se tourne pour la regarder, se débat un instant avec les draps et, inévitablement, tombe nez à nez avec le réveil qui affiche furieusement un 23:48 accusateur. Sa béatitude post-orgasme en prend un coup et son sourire perd de sa superbe, en réalisant l'heure qu'il est et, bien sûr, que toutes les bonnes choses ont une fin. Surtout lorsqu'il est question de Clare James, lui paraît-il. « Tu dois rentrer, j'imagine ? » fait-il, un peu plus agressif qu'il ne l'aurait voulu. Jusque-là, il a toujours mis un point d'honneur à ne pas lui tenir rigueur de ses départs précipités et des au revoir rapides. Il ne peut rien y changer, elle non plus apparemment et c'est très bien comme ça. Mais la savoir, la sentir dans son lit, à ses côtés, est décidément mauvais pour ses nerfs. « Je te proposerais bien un café, mais vu l'heure, tu risques de passer la nuit à tourner dans ton lit. Je ne voudrais pas que ton mari passe une mauvaise nuit » Ok, yeah, oui, peut-être a-t-il vraiment l'air jaloux. Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas. Peut-être qu'il parviendra à s'en convaincre, à force de se le répéter.


Dernière édition par Jamie Nelson le Jeu 18 Aoû - 12:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare   Jeu 18 Aoû - 1:37

Ce boulot que tu chéris tant, que ta mère désapprouvera toujours et que ton père continue à soutenir derrière son dos, a récemment pris une tournure différente. Un rôle supplémentaire. C'est une échappatoire, le seul endroit où tu peux éviter de penser à Jamie, Jonathan. Jonathan, Jamie. Autrement, ce serait insoutenable. Tu ne peux te permettre de songer à eux, ni même à un seul d'entre deux, à longueur de temps. La situation est étouffante, en particulier à cause des sentiments contradictoires que tu tentes de te cacher à toi-même. Avec Jon, c'est évident, vous allez droit dans le mur et ce bien qu'il n'ait pas l'air prêt à l'admettre ou à l'accepter. Tu es parfaite pour lui et le rôle qui t'es assigné: femme aveugle. A tes yeux, ça a des allures de trophée sans cervelle. Tu n'es pourtant ni l'un ni l'autre, et tu commences à te demander s'il est stupide au point de ne pas avoir compris que tu sais, ou s'il n'en a rien à faire. Pourtant, tu tiens encore à lui, d'une certain manière, ce que tu ne comprends pas vraiment mais t’apparaît clairement. Quant à ton amant, il prend de plus en plus de place dans ta vie et c'est incontrôlable. Ce n'est même pas déplaisant, bien au contraire, et tu te sens doucement flancher. Tu perds pied, tu ne sais pas où vous allez et tu détestes cela. Au moins, avec ton époux, c'est clair et net: vous finirez par imploser. Mais tu pensais pouvoir gérer une relation extra-conjugale, sans obligations, sans avenir non plus. Cela devient trop pour toi, tu réalises que tu n'as plus d'avenir nulle part. Tout n'est que provisoire, de passage, et cela t'effraie au plus haut point. Il faudra songer à en discuter avec ton psychologue...

Les états d'âme, la peur, les sentiments que tu refoules, tu sembles avoir tout oublié en recevant le message de Jamie. Tu préfères croire que vous deux, c'est uniquement une question de manque d'attention. Tu as besoin de te sentir désirée, que l'on te regarde vraiment. Ton mari te regarde à peine, comme s'il avait fait le tour de la question. Tu fais partie du décor. C'est toute la différence entre ton mariage et ce que tu vis avec le jeune homme. Tu le retrouves donc chez lui après le boulot et, plus tard, allongée à ses côtés dans son lit, te poses pour la énième fois des questions existentielles sur cette vie qui te file entre les doigts. Du mouvement à tes côtés t'arrache à tes pensées, et tu l'observes se débattre avec les draps. Tu affiches tout à fait malgré toi un léger sourire amusé, qui s'évanouit aussitôt la fameuse question posée. Tu fronces les sourcils en le regardant, tout est dans la manière de le dire. Cependant, tu ne réponds pas tout de suite, te penchant afin d'apercevoir l'heure. Près de minuit. Pour une fois, tu ne te précipites pas sur tes vêtements éparpillés afin d'être de retour à une heure plus ou moins correcte -ou crédible pour une flic dévouée dans ton genre. Tu reposes doucement ta tête au milieu de ta chevelure flamboyante éparpillée sur l'oreille. Vient la seconde exclamation de ton amant, qui te donne décidément l'impression de ne plus tout à fait prendre votre relation à la légère. Il est jaloux, te hurle tout son être tandis que tu le détailles l'espace d'une seconde. L'expression de son visage, ses yeux toujours si expressifs, sa mâchoire légèrement crispée. Son ton, évidemment. Tu secoues doucement la tête, plus pour te remettre les idées en place qu'autre chose: tu divagues. Il ne peut être jaloux. Frustré, à la rigueur. « Jona ne rentre pas ce soir. » Il est à une conférence avec sa secrétaire, précises-tu pour toi-même. Pas la peine de le dire à haute voix, Jamie ne trouverait sans doute aucun intérêt à cette annonce. Tu te rapproches un peu de lui: « Et je suis flic, tu n'imagines même pas la quantité de caféine que j'ingurgite chaque jour. Je n'ai jamais de difficultés à trouver le sommeil. » Ou, en tout cas, ce n'est pas à cause du café.

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MessageSujet: Re: I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare   Jeu 18 Aoû - 12:36

Il se demande rarement ce qu'elle fait une fois qu'elle franchit la porte de chez lui pour retourner dans le monde réel, ne questionne pas ses allées et venues ni ses fréquentations. Pour s'éviter une migraine, prétexte-t-il pour lui même lorsqu'il lui arrive, rarement, d'y réfléchir. Parce que ça ne le regarde pas, surtout. Elle est libre, mariée certes mais libre. Et pourtant, here he is, perturbé par la perspective de la voir se rhabiller pour courir se coucher aux côtés d'un autre homme. L'appréhension lui tord le ventre, plus sûrement que n'importe laquelle des disputes qu'il a pu avoir avec Alicia et ils étaient mariés. Clare n'est rien d'autre qu'un booty call, un luxe que beaucoup d'hommes de son âge ne connaissent pas. Un réconfort sexuel sans les affres d'une relation compliquée, quelques coups de reins et des gémissements sans les discussions emmerdantes d'un couple qui se voit trop peu pour entretenir la flamme. Ça devrait lui convenir, en vérité mais après quinze ans auprès de la même femme, Jamie est mal à l'aise dans le rôle du célibataire. N'a pas la sensation de l'être anyway. Et pourtant, Clare retrouve son mari tous les soirs et lui doit repousser les propositions de sa sœur de lui présenter ses charmantes amies trentenaires et toutes très, très disponibles. Il ne veut pas d'une artiste romantique ou d'une militante farouchement indépendante. Il préférerait de loin devoir supporter le mauvais caractère d'une flic irritante. Mais, well. Life's a bitch et on obtient rarement ce qu'on veut.

Il tente, tant bien que mal, de gommer les traces de contrariété qui alourdissent son visage, ne sait que trop bien combien il est facile de le lire après pareille étreinte. Entendre le prénom de son mari le fait tressaillir et, malgré lui, Jamie s'éloigne quelque peu. Tête posée contre son bras replié contre l'oreiller, il se force à fixer le plafond immaculé. Ne pas la regarder ou il risquerait de dire une connerie. Jusqu'à très récemment, il avait l'impression de pouvoir tout lui dire, de ne pas avoir à se retenir mais depuis quelques semaines, Jamie a la sensation de devoir se contenir. Que le moindre mot pourrait fragiliser l'équilibre de leur situation – pas de leur relation, il évite ce mot-là, trop clair pour ce bordel qu'elle a amené dans sa vie. Il lui glisse un regard du coin de l’œil, indécis. Est-ce une manière subtile de dire qu'elle peut – ou veut, mais ça, c'est une autre affaire – rester ou une façon détournée et franchement confuse de demander un dernier café avant de partir ? Il soupire et roule sur le côté sans la lâcher des yeux. Sait-on jamais, elle pourrait disparaître ou il pourrait se réveiller et réaliser que toute cette histoire n'est qu'une invention tordue de son esprit malade de solitude. « J'ignorais que la subtilité était au programme de l'académie de police, marmonne-t-il, plus pour lui-même que pour elle, en écartant une mèche de cheveux de son visage. Je dois te servir une tasse et t'appeler un taxi ou tu restes là ? » Direct, sans équivoque. Ça fonctionne, tant qu'il ne se laisse pas être trop honnête. « Ma sœur ne rentre pas et Gillian est chez sa mère, donc... » Son regard glisse sur son visage, s'arrête sur sa bouche, problème chronique qu'il ne combat plus depuis leur première fois. Il aime la regarder et s'en prive rarement, même en public. Posy prétend que c'est indécent mais Jamie s'en moque et, après tout, il ne passe pas vraiment ses journées à la déshabiller du regard. Pas sûr qu'il résisterait à l'envie de l'embrasser si c'était le cas et, ici, dans son lit, il n'a pas à s'inquiéter de l'éventualité que quelqu'un les surprenne. Il se penche donc et sa main libre vient trouver sa hanche tandis que ses lèvres effleurent les siennes. Oui, il n'aurait aucun mal à faire ça tous les jours, tous les soirs, si tant est qu'il en ait la possibilité. Mais non, il doit se contenter de baisers fugaces, d'étreintes dissimulées par l'intimité toute relative d'une voiture ou, les bons jours, de sa chambre. Tu parles d'une situation. « Tu devrais rester, murmure-t-il contre sa bouche, les yeux grands ouvertes, et on verra si tu parviens à trouver le sommeil aussi facilement que tu le dis » ajoute-t-il avec un sourire léger, se sentant obligé de contrecarrer une proposition trop lourde de sens par une plaisanterie. Un pas en avant, deux pas en arrière, comme toujours.
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MessageSujet: Re: I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare   Ven 19 Aoû - 20:49

Quelque chose ne tourne pas rond dans cette histoire. Pas votre histoire, ce n'est absolument pas le mot pour décrire ce qui se passe entre vous, mais dans les faits en général. Outre le fait que tu es mariée, évidemment. Il y a quelque chose de neuf, un grain de sable s'est glissé dans l'engrenage de cette situation déjà précaire. Bancale, alors que tu as toujours aimé que tout soit carré. Clair, sans détour ni perturbation. Tout ça, c'est une perturbation, tu as foutu le bordel dans vos deux vies, tout bousculé à commencer par tes principes. « Les hommes n'apportent que des problèmes », n'avait de cesse de répéter ta mère, et tu dois dire qu'elle n'avait pas tort. D'un autre côté, ces messieurs se disent probablement la même chose de vous. C'est pourtant ridicule, une relation sans engagement n'est pas supposée susciter autant de tracas. Autant de contradictions, et ce besoin de te répéter que c'est purement physique. Vous vous attirez, et sans doute vous appréciez-vous dans une certaine mesure, mais cela ne va pas plus loin. Cela ne doit pas aller plus loin, c'est une limite à ne pas franchir. Tu pourrais tout aussi bien dérouler le ruban police line do not cross. A vrai dire, cette chambre est une scène de crime, ce ne serait pas totalement hors sujet. Ton crime, l'adultère. Étrangement, ce n'est pas de la culpabilité que tu ressens le plus. C'est de la peur.

L'évocation de ton époux dans la bouche de Jamie te mettrait presque mal à l'aise, plus pour lui que pour Jonathan. Il est célibataire, et pourrait tout aussi bien se trouver une copine, future fiancée, nouvelle épouse. Mais il est coincé avec toi, dans une chose sans nom ni avenir. Une aventure, mais tu n'apprécies pas ce dénominatif. Le terme exact serait certainement "une erreur". De fil en aiguille, tu ne peux t'empêcher de songer que celui qui aurait le plus intérêt à mettre fin à ce qui se passe entre vous, c'est bel et bien lui. Une raison de plus de t'en faire, de te dire que tout ce qui t'entoure n'est qu'éphémère. Presque un mirage. Tu sens ton cœur cogner un peu plus fort dans ta poitrine à mesure que tes pensées se précisent. Tu seras seule, bientôt. Abandonnée de tous côtés, et tu ne pourras en vouloir à personne d'autre que toi-même. La voix de ton amant oblige tes inquiétudes à s'évaporer, sans doute pour mieux venir te déranger à une occasion bien moins propice à la réflexion. Tu lèves les yeux au ciel face à sa remarque, te mordant la langue pour éviter d'ajouter quoi que ce soit. « Je prendrais une tasse, le temps de ma réflexion. » Tu ne devrais pas. Tu devrais faire comme d'habitude, et ne pas céder. Pour tout dire, tu n'aurais même pas dû évoquer le fait que Jona ne rentrera pas avant le lendemain dans la soirée. Tu sais que tu finiras par rester, à moins qu'il ne te donne l'impression de souhaiter le contraire. C'est mauvais pour vous deux, vous alimentez des émotions qui n'ont rien à faire là à force de vous fréquenter. Rester, c'est ouvrir la porte à tu ne sais trop quoi. A nouveau, tu es interrompue dans ton cheminement cérébral par le jeune homme qui s'est penché vers toi et effleure tes lèvres. Tu fermes les yeux, c'est comme un automatisme, avant de les rouvrir au son de sa voix. Tes yeux dans les siens, tu sais que tu ne pourrais présentement presque rien lui refuser. Tes doigts effleurent sa joue avant de descendre doucement pour s'arrêter contre son torse. Une boule s'est formée dans ta gorge en l'entendant suggérer que tu restes pour la nuit, la peur t'étreint à nouveau. Tu te demandes jusqu'où vous irez comme ça, ce qu'il attend de toi. Tu n'es jamais restée plus que le temps nécessaire à votre affaire. Tu ne veux pas prendre goût au fait de passer plus de temps avec lui, finir dépendante de cela. La crainte, encore et toujours. Les mots franchissent la barrière de tes lèvres sans obtenir l'approbation de ton cerveau, sans doute trop longue à venir: « Je reste, uniquement pour te prouver que je suis capable de m'endormir aussi facilement que je le prétends. » La belle affaire. Et la bonne excuse, surtout. Ta main à plat contre sa peau, tu peux sentir son cœur battre et cela étire à ton insu tes lèvres d'un sourire tandis que tu le détailles, ses cheveux en bataille et son air moins sévère que précédemment. Tu ne peux t'empêcher de songer que c'est ainsi que tu le préfères, plutôt que tiré à quatre épingles ou dans son style d'agent que toi comme les flics en général ne peuvent supporter. Tu devrais faire taire ton esprit, mettre fin à cette sorte de contemplation, mais tu en es momentanément incapable. Pente glissante, dangereuse.

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MessageSujet: Re: I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare   Ven 26 Aoû - 13:30

Concrètement, il sait qu'il n'y a rien de mal dans le fait qu'elle passe la nuit chez lui. Non, que ce soit la première fois ou la dixième, ce n'est pas un souci. C'est plutôt la force avec laquelle il a envie qu'elle reste, le fond du problème. Il aimerait la garder là, plus souvent qu'elle n'y est, plus souvent qu'il ne devrait. Elle est mariée, très mariée, porte le nom d'un autre, vit avec un autre et ça ne lui posait aucun problème de conscience, au début. Bien au contraire, en vérité. Il commençait tout juste à apprécier le célibat, lorsqu'elle est apparue dans sa vie, et égoïstement, il n'était pas prêt à faire une croix dessus tout de suite. Et la situation convenait à Clare également, que demander de plus ? Mais aujourd'hui, il lui arrive trop fréquemment de froncer les sourcils en réalisant que son lit est vide et il n'aimerait rien de plus que petit-déjeuner à deux, plutôt qu'avaler un café et les œufs vaguement brouillés, largement ratés que sa sœur aime préparer lorsqu'ils se croisent le matin. Aujourd'hui, il aimerait la garder dans son lit et c'est un problème.

Rationnellement, il sait qu'elle devrait refuser, qu'elle va refuser et il secouera la tête en souriant, léger et pas le moins du monde offensé, en apparence du moins. Il sait qu'elle doit refuser, qu'elle doit rentrer chez elle au cas où un voisin confie à son mari qu'elle n'est pas rentrée de la nuit. Parce que les apparences sont si importantes, parce qu'elle a beau savoir que son mari s'envoie en l'air avec sa secrétaire ou ses stagiaires, elle ne peut pas passer pour la femme adultère. Il le sait et, mentalement, il se prépare pour le rejet, se perdant un peu dans leur baiser. Profiter, encore un peu, et se voiler la face. Il s'immobilise en l'entendant accepter la proposition et un sourire bête étire lentement ses lèvres, tel un gamin le matin de Noël. Pour un peu, il demanderait confirmation mais il ne veut pas prendre le risque qu'elle réfléchisse trop à ce qu'elle vient de dire. Elle pourrait lui filer entre les doigts avant même qu'il ne lui ait versé une tasse de café.

Jamie dépose un baiser sur son nez, geste presque trop intime pour eux, impulsion trop soudaine pour être arrêtée, et il s'éloigne, non sans caresser sa joue. Nouvelle erreur, mais une de plus, une de moins, franchement. Il est déjà dans la merde, autant s'y enfoncer un peu plus. « Viens » murmure-t-il en enfilant le boxer abandonné un peu plus tôt sur le parquet. D'ordinaire, il reste allongé lorsqu'elle se rhabille pour partir, ne quittant son lit qu'au dernier moment. D'ordinaire, il reste prudent, oui, mais il a laissé de côté toute inhibition, toute crainte au moment où il lui a proposé de passer la nuit ici, avec lui.

L'appartement est silencieux, déserté par Posy et ses habituels hurlements enragés pour la télévision, seulement illuminé par les lampadaires de la rue. « Sucre ? Lait ? demande-t-il, en ouvrant les placards à la recherche de deux tasses. Wait, non, on a plus de lait. Il faut que je fasse des courses » ajoute-t-il, l'estomac tordu par la banalité d'une telle remarque. C'est idiot, parce qu'elle se moque certainement de connaître l'état de ses placards et ce n'est certainement pas avec elle qu'il passera une heure dans un supermarché, à remplir un caddie. C'est idiot, parce qu'il n'aurait rien contre mais ça n'arrivera pas. So. « Heureusement que Gillian n'est pas là. Elle est insupportable, quand elle n'a pas ce qu'elle veut pour le petit-déjeuner, les enfants, tu sais ce que c'est, et... » Et ce n'est pas le genre de conversations qu'on est sensé avoir avec la femme avec laquelle on a une liaison. « Désolé, je ne devrais sans doute pas parler d'elle » reprend-t-il, maussade. Il s'est toujours félicité de ne pas être l'un de ses pères qui noient leurs interlocuteurs dans les anecdotes sur leurs merveilleux mômes, à grands renforts de photos. Avec Clare, Jamie a toujours pris soin de mentionner sa fille au minimum, seulement lorsque ça s'avère inévitable, sans très bien s'expliquer pourquoi. Peut-être parce que ce sont deux mondes qui ne peuvent, ne doivent pas entrer en contact. Et en avoir envie est dangereux, il le sait.
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MessageSujet: Re: I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare   Lun 29 Aoû - 1:03

C'est une mauvaise idée, ça tourne dans ta tête, mais c'est comme si cette pensée se heurtait à un mur de détermination. Tu ne sais pas ce qui te pousse à accepter, ou à ne pas refuser. Tu devrais, c'est clair et net, vous en avez conscience l'un comme l'autre et ton refus était quasiment un fait établi: tu ne pouvais pas prononcer d'autres mots que "je ne peux pas". Tu aimerais pouvoir affirmer que les mots se sont mélangés sur ta langue, et que "je reste" n'était pas du tout ce que tu avais prévu de dire. Mais, à la vérité, tu as envie d'être ici. Avec lui. Tu n'as pas envie de partir, de te rhabiller en hâte et de filer comme une voleuse pour retrouver un appartement trop vaste et impersonnel où tu seras désespérément seule. Jamie est entré de manière désagréable dans ta vie, tombé comme un cheveu sur la soupe et il le sait parfaitement, mais il s'y est lentement installé et tu ne peux que constater de l'importance qu'il y a pris. Pas à pas, presque à ton insu. Il y a cette partie de toi qui s'accroche bêtement à lui, à ce que vous avez aussi éphémère et malsain cela soit-il. Éphémère c'est très bien, le temps que cela dure. Mais que feras-tu ensuite, que ferez-vous ? Lui a toute une vie, une petite fille. Tu as ton job, c'est tout ce à quoi tu peux te référer, l'unique chose qui ne peut flancher, s'évaporer. Tout le reste est bancal. Votre proximité, ce changement dans son attitude à ton égard, te fait momentanément oublier tes récurrents tracas.

Le premier vêtement sur lequel tu tombes, après tes sous-vêtements, n'est autre que la chemise de Jamie. Tu sais que tu devrais te lancer à la recherche de ton chemisier mais mettons cela sur le compte du café qui t'appelle, tu l'enfiles par dessus ton soutien-gorge, une effluve du parfum de ton amant t'envahissant les narines au passage et étirant tes lèvres d'un sourire qui n'a rien à faire là. Tout comme toi, tu devrais déjà être dehors... Au lieu de cela, et contre toute logique, tu lui emboîtes le pas jusqu'à la cuisine. Vous traversez l'appartement vide et silencieux dans l'obscurité vaguement évincée par la lumière des lampadaires. Tes yeux se sont faits à cette pénombre et tu peux observer les lieux. Vus, revus. Tu les regardes cette fois plus attentivement, comme pour ancrer dans ton esprit l'idée que tu vas y passer la nuit. Tu n'avais jamais autant fait attention à cet appartement. A vrai dire, c'est plus perturbant qu'autre chose. Tu vas dormir avec lui, pas élire domicile dans son appartement. Enfin, c'est ce qui est prévu... Stop. Comment met-on son cerveau en pause ?

Le rejoignant sans tarder, tu t'adosses au plan de travail pour le regarder ouvrir les placards. Tu t'apprêtes à répondre lorsqu'il se reprend, t'arrachant un sourire. « Ce n'est rien, café noir c'est très bien. Sans sucre, merci. » Commande passée tous les matins en allant au boulot. C'est complètement ridicule cette conversation dans sa cuisine à près de minuit. Et, à la fois, reposant. Familier, vous avez presque l'air normaux. Sans doute n'est-ce pas bon. Tu ne devrais pas apprécier cela, tu ne devrais vraiment pas. L'évocation de sa fille rend la situation à la fois plus incongrue et plus normale encore. En cet instant, tu pourrais être n'importe qui, tu pourrais n'être qu'à lui et alors tout cela n'aurait rien d'extraordinaire. Ce serait magnifique de simplicité. De banalité. Mais non, non tu portes le nom de James depuis maintenant plus de neuf ans et tout ce qu'il y a dans cette bulle hors du temps créée avec Jamie ne doit pas en sortir. « Ne te gênes pas, Jamie. Tu es heureux quand tu parles d'elle », remarques-tu en lui adressant un sourire. Tu aimerais être en mesure d'en faire autant, parler de ton enfant avec cette fierté qui lui déborde par les yeux. Trop tard, tu ne risques plus d'être mère, ni de façon naturelle ni en adoptant. Tu ne souhaites pas le faire seule et ce n'est surement pas avec Jonathan que tu as envie de fonder une famille. Des fondations de mensonges et de tromperies, très mauvaise idée. « C'est une habitude le café de minuit ou tu essayes seulement de me garder éveillée ? », lances-tu alors, tentative d'éloigner tes pensées de ce qui doit être la plus grosse déception de ton existence.

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MessageSujet: Re: I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare   Mar 20 Sep - 9:32

C'est affreusement domestique de la voir là, dans son appartement, seulement vêtue de sa chemise, vaguement éclairée par une lune paresseuse. Affreusement domestique et bien plus excitant qu'il ne veut l'admettre, même mentalement. De toute façon, ils ne parlent guère de ce genre de choses, n'échangent pas des tonnes de sextos – probablement parce qu'ils ont passé l'âge – et, à la réflexion, Jamie ne parvient pas à se souvenir de lui avoir dit explicitement avoir envie d'elle. Ce n'était pas faute d'y penser, pourtant. Seulement commencer à dire ces choses-là, c'est un peu la porte ouverte aux confidences et il n'est pas prêt à lui dire tout ce qu'il a sur le cœur. Trop dangereux, quand il ne sait pas ce qui passe dans sa jolie petite tête rousse.

Elle ne se formalise pas sur l'absence de lait, ne commente pas non plus l'état de ses placards – Dieu merci, parce qu'il n'est pas d'humeur à admettre que la vie de célibataire ne lui va pas – et il acquiesce, la remerciant mentalement de sa simplicité. Rien n'est compliqué avec Clare, en apparence du moins. C'est même plutôt simple. Meet, fuck and say goodbye. En apparence seulement, évidemment. Parce qu'il la garderait bien un peu plus longtemps auprès de lui, plus longtemps qu'il n'en faut pour reboutonner un jean ou réajuster une veste. Assez longtemps pour lui demander comment s'est passé sa journée et ce qu'elle compte faire de son week-end. Autant de détails, de questions qui ne franchissent jamais le seuil de ses lèvres parce que ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.

Jamie baisse les yeux sur la cafetière, comptant mentalement les doses comme le lui a appris Alicia – tu ne sais même pas faire du café, comment vas-tu survivre seul, qu'elle a dit, quelques jours après la discussion – puis il l'enclenche avant de sortir deux tasses. Et, évidemment, de finir par s'épancher sur Gillian. Sa présence discrète ne saute pas aux yeux, lorsqu'on entre dans son appartement. Très soigneuse et ordonnée, presque trop pour une enfant de son âge, elle n'a jamais laissé traîner ses affaires, n'a jamais exigé qu'on accroche ses dessins plus ou moins abstraits sur le frigo. Mais elle est bien là, installée dans son existence par petites touches, un gilet sur le dos d'une chaise, sa gourmette cassée abandonnée dans le vide-poche, son verre préférée attendant d'être lavé dans l'évier. Et, bien sûr, il ne peut s'empêcher d'en parler, parce qu'elle n'est pas là, qu'elle ignore tout de cette partie de sa vie – parce que, oui, Clare fait partie de sa vie, qu'ils le veuillent ou non – et, merde, ce qu'il aimerait que ça change. Mais c'est une décision qui ne lui appartient pas et ce n'est pas ce soir qu'il va le proposer à Clare, aussi clémente soit-elle pour le moment sur le sujet. Jamie lui adresse un sourire tendre, presque trop. Ils n'ont jamais vraiment discuté d'enfants – pas d'en avoir ensemble, grands dieux, non – et il ne s'est jamais vraiment demandé si elle en a voulu, à moment donné, ou non, si son mari a refusé, si elle s'est déjà posé la question. Ce n'est sans doute pas le genre de discussions à avoir avec son amant au beau milieu de la nuit – but again, il y a tant de choses que Jamie a l'impression de ne pas pouvoir dire ou demander, de peur de la faire fuir. Il n'est pas sûr de pouvoir gérer une potentielle disparition de Clare de sa vie, pas aussi bien que son divorce en tout cas et c'est là tout l'aspect pathétique de la situation. Hypocrite aussi. Il s'astreint à se répéter inlassablement que c'est temporaire, qu'ils ne sont rien l'un pour l'autre, quand elle est l'une des rares personnes qu'il a envie de voir en rentrant du boulot. « C'est la plus belle chose que j'ai faite dans ma vie. Devenir père » dit-il et ça sonne déjà comme la confession de trop, alors que ça n'a aucun rapport avec elle, plantée dans sa cuisine à presque minuit, si présente et pourtant si inaccessible. Il ne devrait pas lui parler de sa fille, n'a pas le droit d'en parler. Il a presque l'impression de mener une double vie et elles ne doivent pas se mélanger, surtout pas. Ça risquerait de tout bousculer et peu importe s'il en a envie, il ne peut pas prendre ce risque-là.

Malgré le fait qu'elle soit mariée et qu'il l'ait su depuis le départ, leur situation a toujours été empreinte d'une légèreté qui semble oubliée. Il y reviendrait volontiers et, évidemment, il peut compter sur Clare pour s'y engouffrer. Sans doute a-t-elle senti que la conversation prenait un accent un peu trop sérieux, surtout pour eux. Jamie ne se fait pas prier pour suivre, un sourire moqueur étirant à nouveau ses lèvres. « On sait tous les deux que je n'ai pas besoin de ça pour te garder éveillée, réplique-t-il en la rejoignant, la cafetière momentanément oubliée derrière lui, et si tu prétends le contraire, je vais être obligé de te rafraîchir la mémoire » souffle-t-il contre sa joue. Voilà un terrain sans danger, sur lequel il sait parfaitement jouer. Il effleure le coin de sa bouche, bref et léger, sans s'attarder malgré l'envie. « Mais si tu tiens à le savoir, oui, c'est une habitude. Sauf que je le bois en rentrant » continue-t-il à voix basse, sur le ton de la confidence. Or, ça n'a rien d'un secret et ce n'est pas franchement du dirty talk, loin de là. Ses mains glissent sur la chemise, en écartent les pans pour trouver ses hanches. « D'ailleurs je n'ai pas pu aller courir, je vais perdre le rythme et c'est de ta faute. Qu'est-ce qui se passera, la prochaine fois que je dois courser un indic ? Je pourrais me faire virer si je perdais toute endurance, il va falloir remédier à ça » conclue-t-il, avec un sourire si large qu'il en aurait presque mal aux joues. Dieu qu'il aimerait que ce ne soit pas juste une exception dans leur routine, que ce soit plus qu'une simple incartade nocturne. « D'ailleurs, tu devrais venir courir avec moi, ça te ferait le plus grand bien. Il paraît que vous êtes plutôt à la traîne, dans la police » ajoute-t-il contre sa bouche. La taquiner, safe and easy, même s'il sait qu'il n'aura sans doute pas le dernier mot là-dessus. Clare est un redoutable adversaire, quand il s'agit de se chamailler sur le plus ridicule des sujets. Alors son job ? Well, mieux vaut ça que de faire des plans sur la comète. Comme, par exemple, lui demander si elle veut rencontrer sa fille.
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MessageSujet: Re: I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare   Dim 2 Oct - 23:48

On pourrait presque croire à un couple normal, ce qui a quelque chose de profondément dangereux. En particulier car tu pourrais t'y faire. T'y plaire. Tu pourrais parfaitement être avec Jamie, quitter un mari avec lequel tu n'as plus rien à faire pour cet homme qui, lui, ferait attention à toi. Mais ce n'est pas comme cela que les choses fonctionnent, elles ne le peuvent pas. Ce serait un peu trop simple. Tu devrais commencer par croire à vous deux, ce que tu t'es interdit dès votre premier baiser. Tu devrais être amoureuse de lui, autrement cela n'aurait aucun sens, et tu te refuses ne serais-ce qu'à te poser la question. C'est ridicule d'inutilité, vous vous connaissez à peine, tu ne peux pas l'aimer. Il y a une indéniable attirance, tu ne mentiras pas là-dessus, après tout tu ne serais pas chez lui ce soir s'il ne te faisait aucun effet. Ce que tu refuses catégoriquement, c'est de songer à plus. Ce ne serait rien de plus que des fantasmes d'adolescente, ce que tu n'es plus depuis de nombreuses années. Tu n'as rien d'une jeune fille rêveuse, bien au contraire, et s'il y a bien une chose que tu as apprise c'est que les responsabilités nous rattrapent toujours. Une femme comme toi ne peut se permettre que peu d'écarts tel que celui-ci, Jamie doit rester une distraction. Il ne devrait certainement pas être ton moment préféré de chaque semaine...

De tes yeux clairs, tu accompagnes ses gestes. Tu te surprends à esquisser une sorte de sourire attendri face à la concentration que lui demande la préparation d'un café, et t'empresses de l'effacer comme par peur qu'il ne le remarque. Tu ne saurais dire ce qui est le plus déplace: cette crainte irrationnelle qu'il te surprenne à sourire de ses manières, ou le fait même de les trouver adorables. Tu te poses trop de questions, voilà tout. C'est toujours le cas avec lui, comme avec Jonathan d'ailleurs. Tu n'es jamais toi-même en leur présence, tu te sens comme piégée, forcée d'être ce qu'ils attendent de toi, celle qu'ils pensent que tu es. Jamie ne peut te voir douce et maternelle, tu affiches principalement ton côté battante lorsqu'il est dans les parages. Et inversement pour ton époux, qui te connait un calme olympien. L'un comme l'autre n'ont fait que gratter la surface, et pourtant tu es mariée au second depuis plus de neuf ans.

L'écouter parler de Gillian est une autre chose qui ne devrait ni te faire sourire, ni t'intéresser. De toutes manières, tu ne rencontreras jamais cette petite. Sans doute ne saura-t-elle jamais que son papa et toi avez eu une liaison, et c'est mieux ainsi. C'est du moins ce dont tu aimerais te persuader. Elle n'a pas à savoir, ni maintenant ni jamais, et il a raison: vous ne devriez même pas en discuter. Mais vous faites toutes les deux partie de sa vie, à vos manières très différentes, à temps partiel en ce qui te concerne. Pour une durée tout ce qu'il y a de plus indéterminée, tandis que sa fille sera toujours là. En un sens, il est donc logique que tu saches pour elle, mais qu'elle ne sache pas pour toi. Pourtant, plus ça dure et plus tu te demandes quand tout cela s'arrêtera. Si cela s'arrêtera. Tu ne saurais pas par où commencer pour reprendre le cours de ta vie, alors qu'elle n'a en apparence pas changé. Evidemment, tu ne passes plus toutes tes nuits dans un lit trop grand abandonné de son second occupant, mais c'est à peu près tout. En apparence. Dans les faits, Jamie est là tout le temps, partout, et ce bien malgré toi. Comment pourrais-tu le faire pleinement sortir de ta vie, maintenant ? Une fois de plus, tu te demandes ce qu'il en penserait s'il pouvait lire dans tes pensées. Ou si, simplement, tu avais le courage de mettre le sujet sur la table. Où vous allez, pour combien de temps vous en avez encore, si seulement un vous, nous, et de mise. Ça pour te lancer dans des courses poursuites au risque de te prendre une balle, tu ne réfléchis même pas, mais lorsqu'il faut affronter d'importantes réflexions sur la vie c'est une autre histoire. Annie Lennox a raison, c'est vivre qui est le plus effrayant.

Ton attention revient sur le jeune homme pour son ultime confession au sujet de sa fille. Evidemment, elle est sa plus grande réussite, et sa fierté. Le contraire serait étonnant. Tu te permets un sourire. Tu pourrais lui dire que rien ne te ferait plus plaisir que de la rencontrer, et tu serais parfaitement sincère. Mais cela n'aurait pas le moindre sens. Comment t'introduirait-il ? Une amie, ridicule. Une belle-mère, certainement pas. Quand on y pense, tu n'es rien. Rien de tangible, rien de stable, aucune raison donc de perturber Gillian en lui présentant la distraction passagère de son père. « J'imagine effectivement qu'après ça, toute réussite paraît dérisoire. » Donner la vie, que peut-on faire de plus beau ? Comme pour rétablir l'ordre dans votre conversation, bien trop personnelle et sérieuse que pour coller avec votre relation, tu changes subitement de sujet. Revenir au café, c'est tout ce que tu as trouvé. Ton amant ne se fait pas prier pour t'emboîter le pas sur ce chemin moins risqué. Tes lèvres s'étirent instantanément d'un sourire mi-moqueur, mi-amusé. Tu te trouves plus à l'aise. « Je ne voudrais pas t'obliger, mais je ne gardes pas un souvenir particulièrement mémorable, tu vas peut-être devoir refaire tes preuves. » Tu parles bas, un regard de défi planté dans ses prunelles claires. Tu te mordilles l'intérieur de la joue afin de ne pas céder à l'envie de capturer ses lèvres lorsqu'elles effleurent les tiennes, te forçant à garder les yeux rivés aux siens même lorsque ses mains trouvent tes hanches. Les tiennes se posent contre son torse, et tu pourrais oublier que cette situation n'a rien d'habituel. « Navrée de contrecarrer tes plans, monsieur l'athlète, mais je te rappelle que c'est toi qui m'as demandé de venir. Quant à ton endurance, évitons le sujet si tu ne veux pas que je finisses par te vexer. » Tu lui décoches un sourire éclatant en tapotant doucement son torse comme pour le réconforter, avant de te hisser sur le plan de travail afin d'être moins petite face à lui et les vingt centimètres qui vous séparent. Sa remarque n'atténue en rien ton sourire, et tu lui jettes un regard se voulant dédaigneux. « Ça se perd, à force de voir des fédéraux incompétents reprendre nos affaires. » Ton regard accroche alors la cafetière, te ramenant à votre première préoccupation. « Certains ne sont même pas capables de servir le café qu'ils ont tant promis... »

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MessageSujet: Re: I promised myself I wouldn't let you complete me w/ Clare   Lun 17 Oct - 16:28

Il est fébrile, comme un gamin à l'approche de Noël ou de son premier rencard, pressé d'impressionner, de balancer les bons mots qu'il a préparé. Après l'armée, après Alicia et leur fille, difficile d'imaginer pouvoir se sentir aussi bêtement jeune à nouveau. Il n'a que trente-quatre ans pourtant mais avec Clare, il pourrait tout aussi bien en avoir quinze. Il sait pourtant que c'est temporaire, qu'elle repartira à sa vie femme mariée à l'aube et qu'il lui faudra endosser son rôle de père sitôt le soleil levé et Gillian réveillée. C'est égoïste de l'oublier mais il a envie d'en profiter, pour un moment encore.

Ses joues sont presque douloureuses, à force de sourire et il aimerait ne pas avoir l'air si béat de bonheur, aimerait qu'elle ne réalise pas combien elle le rend heureux, combien elle compte pour lui mais c'est un peu tard. Reste à espérer que l'obscurité de la nuit rende le tout irréel, chimérique. Mieux vaut pour cela laisser toute discussion relative à sa fille loin, très loin de leur bulle. Fort heureusement pour lui, Jamie n'a aucun mal à se laisser distraire et Gillian n'est bientôt plus qu'une certitude dans un coin de son crâne, présente mais loin de ses pensées, éclipsée par Clare et son sourire moqueur, Clare et sa peau laiteuse et fraîche sous ses paumes. « Pour un peu, je penserais presque que tu me fais des avances » ricane-t-il contre sa bouche, avide de sentir ses lèvres contre les siennes, de se conforter dans l'idée qu'il n'est pas seul dans cette situation. Sauf que si, semble-t-il. Elle ne répond guère à son empressement, semble se contenir. En d'autres circonstances, Jamie s'éloignerait sans doute, prêt à rebâtir le mur qu'il a érigé autour de lui après son divorce. En d'autres circonstances, oui. Avant, peut-être, avant qu'il ne l'ait laissée entrer. Il est trop tard pour fuir à présent et il n'en a même plus envie. Il lui abandonne le pouvoir gracieusement, bien trop heureux de se laisser aller. Ça finira mal et quelque part, il le sait. Mais ce soir, il a envie d'être bête et naïf, d'ignorer son instinct et tout son bon sens. D'être avec elle, purement et simplement. « Me vexer ? répète-t-il en s'éloignant un peu, suffisamment pour la regarder, pas assez pour ne plus la toucher. Babe, j'ai trente-quatre ans, je sais ce que je vaux » Physiquement du moins. Sentimentalement ? C'est une autre histoire. Après quinze ans d'une relation réussie, quoiqu'en disent les mauvaises langues au sujet du divorce, il a l'impression de repartir à zéro, sans le moindre repère. Inutile de s'appuyer sur ce qu'il a vécu avec Alicia, comparer cela à ce qu'il vit avec Clare serait une erreur. Et pourtant – well. Ce n'est pas le moment. Il réfléchira plus tard, quand elle ne sera plus là pour le distraire.

Son regard le quitte et Jamie se retourne pour le suivre, souriant en l'écoutant. A regret, il se détache d'elle pour attraper deux tasses sur une étagère. « Dois-je te rappeler notre taux de réussite ? On nettoie souvent votre bordel. Tiens » Il lui tend l'une des tasses, l'autre déjà à ses lèvres. La taquiner est un jeu dont il n'arrive pas à se lasser, both a blessing and a curse. Elle ne se vexe pas et riposte mieux que quiconque, que demander de mieux. Qu'elle soit libre, peut-être, vraiment libre. « Ne te brûle pas, je ne voudrais pas t'emmener aux urgences, j'ai d'autres projets pour nous » souffle-t-il par-dessus sa tasse. Des projets pour nous. Le terme semble inapproprié mais après tout, toute cette histoire n'est guère correcte. Pourtant, il ne se sent pas le moins du monde coupable. Il devrait, peut-être. Elle est mariée, elle a construit quelque chose avec un autre homme et ça n'a pas empêché Jamie de foncer, tête baissée. Droit dans le mur ? Certainement. Viendra le jour où elle en aura assez, où elle réalisera qu'ils ne vont nulle part et il ignore encore comment il gérera l'affaire. Il y songera peut-être, mais pas avant que ça n'arrive. « Tu viens ? » demande-t-il en reposant sa tasse, main tendue, geste qu'il ne se permettrait jamais en pleine journée, quand tout le monde, elle la première, pourrait le voir.
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